Review de l'album solo de Noel Gallagher : Noel Gallagher's High Flying Birds

Publié le par Sam

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Le 1er album solo de Noel Gallagher est sorti le 17 octobre dernier.

Le 1er single qui en est tiré, "The Death Of You And Me" est déjà disponible depuis plusieurs semaines.

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Je vous propose ici une petite review qui s'inspire à la fois de mon ressenti perso et de ce que j'ai pu lire à son sujet ici et là (et avec quoi j'étais évidemment 100% sur la même longueur d'onde)

Avant tout, vous pouvez jeter une oreille gratuitement sur cet album sur Deezer.

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On peut répartir les chansons de cet album entre trois catégories:

- primo, les chansons un peu jazzy – Dream On, The Death of You and Me, Soldier Boys and Jesus Freaks.

- secondo, les repêchées d'Oasis – If I Had a Gun, AKA… Broken Arrow, (Stranded On) The Wrong Beach.

- Et tertio, les gros morceaux de bon vieux rock anthologique – Everybody’s on the Run, (I Wanna Live in a Dream in My) Record Machine, Stop the Clocks.

L'exception est AKA… What a Life, qui sort Noel de sa zone traditonnelle de confort et s'aventure du côté de la dance, bien que ça reste très linéaire et très propre sur soi. Ca lui va très bien, et il le sait.

 

1. Everybody's On The Run

Des choeurs envoutant et des cordes qui martèlent le coeur tel un métronome, le tout dans une ambiance très dramatique.

La voix de Noel chante la peine d'une âme désespérée, fuyant une vie désincarnée. Il l'encourage à tenir bon - entourant son prêche d'une mélodie qui tourbillonne dans notre esprit mais reste définitivement ancrée dans la tête...

L'arrangement est magnifique et ne sonne pas du tout artificiel. Le bridge fait un peu "classic rock" tout en apportant l'intensité symphonique des grands morceaux. Les guitares acoustiques sont omniprésentes et nous reconduisent sans cesse à ce refrain, durant lequel Noel réassène son message musical. Une putain d'ébouriffante première chanson, le reste sera-t-il à la hauteur ?

2. Dream on

Que je sois pendu si j'ai imaginé un jour entendre des trompettistes sur un album de Noel Gallagher ! Et pourtant il en utilise sur ce morceau, et ailleurs dans l'album, avec un effet surprenant. Et ça fait très rock'n'roll !

La voix de Noel a incontestablement mûri avec le temps, contrairement à celle de son frère.
Nouveau charme, un peu de vulnérabilité même.

Les refrains sont très doux, complétés de choeurs entourés de cuivres, qui dominent le morceau sur la fin. Cela donne un petit air de "Nouvelle Orléans" qui fait assez original dans le répertoire de Noel !

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3. If I Had A Gun...

Bon, alors là en terme d'attente, pour ce morceau, Noel se pose là...
Ca fait des années que cette chanson avait filtrée au cours de démos ou de soundchecks.

J'en avais entendu des versions crades dont le son était franchement dégueulasse, mais qui avait suscité un intérêt et un espoir fou de la voir enfin sortir.
C'est (enfin) chose faite !

Et le résultat dépasse toutes mes espérances...

Du piano et de la gratte acoustique pour l'accompagner, Noel chante délicatement "If I had a gun, I'd shoot a hole into the sun. And love would burn this down for you" dans un morceau d'anthologie, très proche d'un Wonderwall.
Les voix au second plan crééent un leitmotiv musical très entrainant. La chanson explose en passant aux grattes électriques sur le premier refrain.

Des paroles superbes, cette chanson restera probablement dans les annales du rock moderne. Pour l'instant, c'est que du tout bon sur cet album.

 

4. The Death Of You And Me

Le premier single de l'album démarre par une guitare acoustique 12 cordes qui soupire gentiment en intro avec la voix de fausset de Noel.

On est clairement dans un style rétro, et cela fait beaucoup penser à un autre morceau dans le même ton : "The Importance Of Being Idle".
La mélancolie se fait beaucoup ressentir et l'ironie et le cynisme se font mordants à travers les paroles.

On y décèle des allusions à peine voilées à son frère et leur passé dans Oasis. Leur clash et la séparation des frères.
Sa voix qui devient nasillarde sur le "sunshiiiiiiine" semble singer son frère, comme pour appuyer la métaphore entre le message qu'il porte et le destinataire à qui il est destiné. Un clin d'oeil magnifique...

Encore un morceau très "Nouvelle Orléans", avec pas mal de cuivres...

 

5. (I Wanna Live In A Dream In My) Record Machine

Après des bruits d'écoliers jouant innocemment en arrière-plan, une guitare acoustique démarre une symphonie divine qui pourrait bien être le leg de Noel Gallagher à sa génération.

La basse et l'électrique grimpe à bord, avec la voix de Noel qui devient impériale. Les cordes émergent dans un refrain qui vous prend absolument aux tripes. Tous les sens sont exacerbés, c'est juste viscéral...

Noel pousse jusqu'à la dernière bouffée de la dernière molécule d'oxygène contenue dans ses poumons, à coeur ouvert et à gorge déployée. C'est juste délirant. Après un break gentillet, la chanson s'évanouit dans un grand galop. Un magnifique pur sang sauvage.

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6. AKA... What A Life !

 

Un beat incessant accompagne un piano très rock. Noel, endiablé et cynique, chante son message au monde "Some say you might find your hero/ some say you might lose your mind."

Dans le refrain, il entraine et élève sa voix, élégamment et poétiquement, en faisant trainer le "liiiiiiiiiiiife" du dernier mot qui compose ce titre. Il joue tout en nuances, passant du centre aux extrémités de son intensité vocale.

Une ligne de guitare perçante relie les versets aux refrains, et lorsque vous y attendez le moins, un solo plutôt bonnard referme la marche.

La note finale nous laisse sur notre faim. Le morceau le plus "club" que Noel puisse sortir ? On en veut encore.

 

7 Soldier Boys and Jesus Freaks

Ca sonne très pop mais il pourrait bien s'agir du morceau le plus politiquement engagé de Noel. Cela parle vraisemblablement de la guerre en Irak.

Le refrain entend s'entrechoquer moultes cymbales, et les vents rencontrent la voix de Noel dans un style très années 60. Un mélange de très grands morceaux de cette période.

Le final est étonnant, se terminant par les cliquetis d'un tambourin. Ca porte à sourire et c'est un parfait contrepoids au message du morceau...

 

8 AKA... Broken Arrow

Peut être la plus conventionnelle des chansons de l'album. Un mix évident de batterie et d'acoustique entrainent la voix de Noel dans ce qui ressemble fortement à une chanson d'amour.

Comme toutes les meilleures compositions de Noel, elle vous attrape facilement, naturellement, ne révélant que peu ou pas d'artifices. La dynamique, incluant sa voix, s'élève et retombe sans effort, comme s'il n'y avait pas d'autres possibilités. Comme si c'était l'évidence.

Beaucoup de compositeurs essayent d'arriver à un tel résultat de nonchalance naturelle apparente, mais seulement très peu y arrivent. Noel est de ceux-là.

 

9. (Stranded On) The Wrong Beach

Du rock de garage brut, avec une ligne de basse par delà laquelle Noel chante de sa voix la plus poignante. Elle rentre progressivement dans la peau, vous affectant presque inconsciemment.

Certains artistes y arrivent : ils peuvent nous toucher, et ils comptent dans notre vie à un tel point que nos amis et nos proches ne peuvent se comparer. Le son de leur voix activent des émotions et nous glace ou bouillonne le sang. Je le considère comme un don, et c'est un cadeau que Noel me fait. C'est un peu comme ces histoires d'étoiles qui brillent dans le ciel, par dessus nous. Il a cette aura qui jugule mes passions de façon subtile mais définitive.

Des claquements de main accentuent les caisses, et le ton monte de façon âpre alors que Noel chante "Drowning, I'm sinking in the quicksand/ stranded on the wrong beach/ come and rescue me."

 

10. Stop The Clocks

Ecrite quelque part aux alentours de 2001, Noel parle de cette chanson comme étant "un rêve que j'ai eu une nuit. C'est à propos du fait de se demander si l'on est mort, et comment on saurait qu'on est vraiment mort, comment saurait-on qu'on est en fait vraiment toujours en vie"

Elle devait à la base faire partie de l'album de 2004 d'Oasis : Don't Believe The Truth. Cette chanson a atteint le statut de "mythique" pour n'importe quel fan d'Oasis, avec des versions studios et live qui tournent sur Internet depuis des années.

On pourrait lui reprocher d'avoir garder une chanson par derrière-lui trop longtemps, que tout le sel est parti.
Et pourtant, cette version final réalisée par Noel tient toutes les promesses passées.

Après un début qui grimpe furieusement, la chanson continue sur un break de la guitare principale. C'est un titre phare, et Noel a peut être joué la facilité en ressortant ce morceau du placard, mais ça marche et c'est ce qui compte. Après avoir monté en puissance tout le long de l'album, s'arrêter sur le morceau le plus envolé ne pouvait qu'être une évidence.

Avec cet album, peut être bien que Noel Gallagher a touché son sommet...

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Publié dans Musique

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Distribution de prospectus 31/08/2014 19:42


Merci pour le travail que vous faites sur ce blog qui contient pas mal de bons articles.