On est à sec !

Publié le par Sam

Il n'en finit pas de grimper vertigineusement le prix de notre ami le pétrole !

Dernier record en date : 135,09$ le baril (et ça monte encore !) soit 35% d'augmentation depuis le début de l'année (eh oui, souvenez-vous, le cap symbolique des 100$ avait été franchi le 2 janvier !)

Des analystes (autrefois plus prudents et optimistes...) commencent à envisager un baril pour 180/200$ vers la fin de l'année. Et n'hésitent plus à annoncer une pénurie pour 2016...
Si vous regardez les informations, vous verrez que les effets commencent à être durement ressentis par certaines catégories socio-professionnelles.



Les grands consommateurs "naturels" de pétrole (exploitants du primaire principalement) sont les plus exposés à ces envolées.
Actuellement, ce sont les pêcheurs qui sont les plus remontés et commencent à manifester/bloquer.

Pour l'instant, on leur maintient la tête hors de l'eau à coup d'aides.

2 problèmes se posent à cette "rustine" :

- les intéressés en veulent plus. Ils estiment que les aides ne sont que des miettes comparé au manque à gagner (comment l'estimer cependant vu qu'il s'agit d'un métier du primaire où le bénéfice dépend de la récolte, qui comporte toujours une part d'aléatoire...)

- l'Union Européenne ne laissera pas la France jouer avec le feu très longtemps. Toute aide vient en violation de la libre concurrence et ne sera pas tolérée.
Bruxelles agite déjà le doigt vers la France et celle-ci a déjà fort à faire avec la gestion de sa dette publique et autres litiges avec la capitale européenne, alors de là à en rajouter une couche...


Pour l'instant, le problème est né dans le primaire, mais le secondaire va vite être gagné (transports, chaînes de production, etc). Si les pêcheurs réclament (et obtiennent !) des aides compensatoires, pourquoi pas les autres ?
Agriculteurs, chauffeurs routiers, et même pourquoi pasà terme... automobilistes !
Où s'arrêtera ce clientélisme ?

Nous en ressentons d'abord les effets en Occident parce que nos coûts de main d'oeuvre sont tels qu'il est difficile pour les producteurs de rogner sur eux pour compenser.
L'Asie n'aura pas ce problème, du moins pas pendant un temps...

Mais il est clair que si la production de pétrole (qui diminue de 3% chaque année...) ne change pas, et vu comment les Chinois (et les Indiens dans une moindre mesure) ont une soif inextinguible de croissance et un appétit énergétique à vous flanquer une indigestion chronique, nous allons au-delà de graves tensions internationales...

Que croyez-vous que vont faire les Chinois quand on sifflera la fin de la partie ?
Fermer leurs usines pour laisse tourner les nôtres ?

Les problématiques de développement durable semblent donc en conséquence bel et bien le cadet des soucis de nos dirigeants, quels qu'ils soient...

Pourquoi personne n'ose véritablement songer au concept de survie durable ?
Aveuglement ? Foi absurde en l'intelligence de l'Homme et sa capacité à réagir à tout évènement ?
Ou tout simplement anesthésie générale de la population provoquée par toute une vie de confort, insouciante de l'avenir, persuadée qu'elle est de la quasi-infinité de ses ressources énergétiques ?

J'ai une autre théorie beaucoup plus cynique là-dessus : la majeure partie des dirigeants politiques et du monde économique actuel seront morts ou séniles quand le "peak oil" et ses effets dévastateurs sur la société se feront vraiment sentir.
Ils n'auront donc pas vraiment à s'en faire et préfèrent passer la main à leurs enfants pour la gestion du problème.
Leur vision des choses serait donc simplement : "Après moi, le Déluge..."


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